Espoir et désespoir

Par Greathebusman, créé le : 2012-03-18 22:17:47
et modifié la dernière fois le : 2013-04-02 22:50:30
Les Compagnons du Cruchon, Warhammer online La neige. Le vent. Le froid. Voilà plus de trois heures que j’ai entamé l’ascension du Haut Col, et c’est là tout ce que je trouve. Voilà qui me rappelle les plaines glacées de Kislev, si ce n’est cette pente abrupte. Dans ces montagnes, même la foi en Sigmar ne semble pas suffisante à me réchauffer. Il ne me reste presque plus de cette bière que je trouvais médiocre à l’auberge, et qui à présent semble s’être largement amélioré. C’est certainement parce que je n’ai plus que ça à me jeter dans le gosier. Il faut que je me remette en route ou je vais geler sur place. Pas de quoi faire un feu, le peu de bois mort est gelé jusqu’à la moelle.
La neige. Le vent. Le froid. Voilà plus de trois heures que j’ai entamé l’ascension du Haut Col, et c’est là tout ce que je trouve. Voilà qui me rappelle les plaines glacées de Kislev, si ce n’est cette pente abrupte.
Dans ces montagnes, même la foi en Sigmar ne semble pas suffisante à me réchauffer. Il ne me reste presque plus de cette bière que je trouvais médiocre à l’auberge, et qui à présent semble s’être largement amélioré. C’est certainement parce que je n’ai plus que ça à me jeter dans le gosier. Il faut que je me remette en route ou je vais geler sur place. Pas de quoi faire un feu, le peu de bois mort est gelé jusqu’à la moelle.


Un campement, enfin. Ils sont peu nombreux ces braves de l’Empire à avoir osé braver le froid infernal du Haut Col. Mais au moins, leur repas est chaud, et ils ont encore de l’alcool suffisamment fort pour ne pas mourir de froid. Néanmoins, le danger n’a pas disparu. Le chaos règne dans les dénivelés alentours. Des magus corrompus ouvrent des failles un peu partout, faisant surgir de terre les pires créatures.
Alors que je finis mon repas, un appel retentit dans le camp. Dans la lointaine Ostland d’où je suis parti, les forces de l’Ordre se regroupent. Les forteresses aux mains du Chaos doivent être reprises. On m’indique la direction du bivouac le plus proche, afin que je m’envole rejoindre les troupes. J’enfourche donc ma monture et me mets de ce pas en route.


La nuit est presque terminée à l’heure où j’écris ces lignes, mais je voulais prendre le temps de coucher par écrit l’espoir de cette nuit. Le combat a commencé dans le Pays des Trolls au crépuscule. La nuit tombait sur le Monastère de Morr, alors que nous partions avec une poignée de guerriers de l’Empire et de féroces Nains. Un Peau Verte a croisé notre route, surpris dans un acte naturel et embarrassant. Le pauvre n’a eu ni le temps de remonter ses chausses ou d’attraper le morceau de métal affûté qui lui servait d’épée. Nous avons récupéré les points stratégiques des environs, repoussant peu à peu le Chaos. Bien vite, des Nains, des Hommes et des sœurs elfes nous ont rejoints dans notre lutte, poussant toujours plus avant notre domination dans cette zone. Duccia, Compagne du Cruchon, figurait parmi les combattants, et cela réchauffa mon cœur autant que la boisson des Nains. Les quelques rares séides du Chaos qui osaient croiser notre route ne faisaient pas long feu contre la horde déchaînée que nous représentions.
Bien vite, l’objectif principal devint le fort qui contrôlait toute la région, toujours aux mains de l’ennemi.

Un bélier fut mis en place, les Mages et Archers se tenaient prêts à tirer sur les défenseurs potentiellement présents sur le haut des remparts. Cependant, l’assaut se fit sans encombres majeures, les gardes tombant les uns après les autres devant nous. Sigmar nous apportait assurément sa fureur en retour de la foi et du sang que nous lui apportions. La violence des coups portés, le sang qui jaillissait des blessures aussitôt refermées par la cohorte de soigneurs que je commandais, tout cela aurait du me révolter, me dégoûter. Il y a bien longtemps cependant que je n’avais plus éprouvé de dégoût à la bataille. J’avais depuis pris l’habitude d’avaler une quantité suffisante d’alcool pour me détacher l’esprit de toutes les atrocités commises à la guerre, afin de rester concentré sur ma tache au combat, maintenant en vie ma carcasse et celle de mes compagnons d’armes. Le combat contre le Seigneur du Chaos qui contrôlait cette forteresse fut rude, mais cependant, nous tînmes bon, et bien vite il fut mis à terre. Dans le coffre que ses acolytes et lui-même gardaient, je pus trouver à ma grande joie une soutane qui m’allait. Cependant, elle avait appartenu au temps jadis à un grand héros, et il fallait à ce jour un grand héros pour la porter. Peut-être un jour aurais-je moi-même cette chance, si j’arrivais à survivre à toutes ces horreurs. Pour le moment, j’avais autre chose à penser.

Très vite, le Mage qui nous guidait avait décidé que toute la zone devait revenir entre nos mains. En ce sombre soir, l’Ordre montrerait au Chaos que la résistance était toujours présente. Profitant du voyage pour deviser et boire avec les nombreux nains qui nous avaient rejoints, nous sommes arrivés au bas d’un second fort. L’alcool et l’adrénaline coulaient alors dans mes veines, et l’assaut des portes puis le combat contre le Seigneur et ses gardes restent assez flous dans ma mémoire. La résistance rencontrée fut cependant minime, et la victoire rapide. Sigmar encore une fois veillait sur nous, et Morr nous bénissait.

Après ces victoires au sein de l’Empire, les Nains et les Elfes élevèrent la voix de concert, chacun voulant amener la troupe forte de deux douzaines de combattants dans son pays, afin de récupérer là-bas aussi les forts contrôlés par l’ennemi. Après un débat court mais animé, la décision fut prise de nous rendre dans le Pays des Ombres, puis en Ellyrion, sur l’île des Elfes. Grâce aux machines des Nains, nous nous y rendîmes en quelques heures seulement, et ce qui était devenue une routine bien huilée pour la bande recommença. Les Seigneurs Elfes Noirs qui gardaient les forteresses étaient de bien puissants sorciers, et ils réussirent à nous maintenir à l’écart un peu plus longtemps que les brutes du Chaos, aidés en cela par une vicieuse Furie qui harcelait nos arrières. Hélas pour elle, elle n’avait que peu de chance de triompher, mais téméraire elle revenait sans cesse à l’assaut. Après quelques assauts timides pour éprouver les défenses, nous mîmes à bas les champions et leur seigneur, renvoyant ainsi un message fort à ces Elfes corrompus. Leurs cousins et les alliés de ceux-ci ne laisseraient pas la déchéance et la malédiction de Malékith corrompre plus longtemps ces terres.

Après être passés sous une porte gigantesque, témoignage de la splendeur démesurée des Hauts Elfes par le passé, le deuxième fort de la région était en vue. L’assaut fut aussi bref que les précédents, d’une violence aussi forte. Après avoir exterminé les dernières poches de résistance, la région était sous contrôle, mais pour combien de temps… L’ennemi jamais ne se lassait, recevant des renforts à chaque instant, malgré les pertes sévères subies. Telle la marée qui remonte inexorablement, il n’était jamais chassé définitivement. Bon nombre de guerriers étaient blasés par cette constatation, et ne continuaient à se battre que pour retarder l’échéance. Moi-même j’étais passé par là, mais j’avais dépassé ce stade. La boisson, et Sigmar au combat, me permettait de tenir au jour le jour, de survivre pour voir l'aube nouvelle se lever.

Cette nuit l’espoir pourtant était de mise. Après le pays elfique, les montagnes naines furent reprises, les postes de commandement ennemis mis à sac, les forts rendus aux Commandants de L’Ordre. Les Peaux Vertes bien que plus solides n’offrirent guère plus de résistance que leurs alliés. Des fûts de bière volés aux Nains et non encore souillés furent découverts dans la cave sombre, et mis en perce. Après le combat, la vidange méthodique de ces fûts nous occupa un long moment, combattants Nains, guerriers et prêtres humains, pendant que les Elfes rentraient chez eux.

Exténué, je me couchais comme bien d’autres combattants entre les murs de la dernière forteresse. L’alcool aidant, l’euphorie s’éteignit assez vite pour laisser place au lourd ronflement des nains, qui dormaient du sommeil du juste entre les murs d’une place forte fièrement reprise. Au moins pour ce soir, ceux-là n’avaient pas à se soucier de finir sous les crocs d’un loup ou les coups de hache d’un Orc pendant leur sommeil.

Alors que l’horizon palissait à l’Est, je commençais à glisser dans le sommeil, l’espoir renaissant en ce jour, à l’issue de cette nuit de bataille. L’Ordre avait réussi à repousser cette horde d’ennemis qui l’assaillait de toute part.

C’est ainsi que je me suis réveillé ce matin, au milieu de cette forteresse puante, souillée par les Peaux Vertes, la tête résonnant des cris des Nains, les muscles endoloris d’avoir manié le marteau toute la nuit. Ah non vraiment, la gueule de bois n’aidait pas à conserver l’espoir. Maudissant ces Nains braillard et leur alcool lourd, je suis monté sur les remparts pour respirer l’air frais. Ce n’est qu’arrivé en haut, en inspirant une grande bouffée que je me suis souvenu que nous étions au beau milieu d’un marais fangeux, qui exhalait une lourde odeur de moisissure et de cadavre. Pour ne rien arranger, ce que je pensais être des cris de fête venant de l’extérieur n’étaient en fait que les hurlements de la horde verte qui s’approchait à travers les marais, se dirigeant vers le fort. Décidément la journée ne s’annonçe pas aussi belle que ça…
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